Le sel de déglaçage contamine les eaux souterraines à Québec

Le Devoir, 12 avril 2017 Isabelle Porter

Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir L’épandage de sel de déglaçage sur les routes contribue notamment à la dégradation des sources d’eau.

Des chimistes ont découvert des quantités anormales de sel dans les puits artésiens du bassin versant de la rivière Saint-Charles à Québec. Cela découle directement de l’épandage de sel de déglaçage sur les routes.

Une étude menée dans 900 puits privés a démontré que 56 % d’entre eux contenaient du chlorure de sodium dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles. Dans le bassin versant voisin (la Montmorency), la proportion s’élève à 46 %.

Étant donné que le chlorure de sodium n’est pas naturellement présent dans la géologie de ce milieu, il provient nécessairement du sel de déglaçage, selon les chercheurs.

Dans 11 puits à l’étude, l’eau était tellement salée (plus de 200 mg par litre) qu’elle posait des risques sérieux pour la santé et a requis des travaux immédiats.

La présence de sel dans les puits « affecte le goût de l’eau et a le pouvoir de corroder la plomberie domestique et de favoriser l’émergence d’une contamination aux métaux [ex. : le plomb et le cuivre] », explique-t-on dans l’étude.

Des technologies de type « osmose inverse » peuvent régler le problème, mais elles sont très coûteuses.

Si l’impact du sel sur la santé humaine est limité, il peut par contre contribuer à la dégradation des sources d’eau en nourrissant les plantes envahissantes dans les lacs. Un problème jugé « préoccupant » par les auteurs de l’étude.

Un enjeu nord-américain

La Communauté métropolitaine de Québec suit de près ce dossier depuis quelques années à cause de la dégradation du principal réservoir d’eau potable de la ville de Québec, le lac Saint-Charles. En l’espace de cinq ans, le lac a pris l’équivalent de 25 ans d’âge, et le couvert de plantes aquatiques a augmenté de 40 %.

L’étude a été réalisée en 2016 dans 900 puits privés des deux bassins versants. Le choix des puits a été fait en fonction des volontaires. Or, étant donné que ces derniers s’attendaient à avoir une eau de bonne qualité, les chercheurs jugent que les résultats sont prudents. Un total de 6800 à 6000 puits se trouvent sur le territoire.

L’étude a en outre révélé la présence de la bactérie E-coli et d’autres coliformes dans le cinquième des puits, ce qui peut avoir un impact sur la santé humaine. La situation pour ces personnes est toutefois facile à renverser avec des ajouts de filtres ou le recours à des lampes à ultraviolets, a-t-on expliqué.

Québec n’est pas la seule dans cette situation. Parmi les 371 lacs d’eau douce étudiés, la majorité présente des concentrations anormales de sel, selon une étude de l’Université Madison rendue publique cette semaine.

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